Accompagnement des élèves

Transmettre le plaisir d’apprendre

09 / 04 / 2019 | Anaëlle Weiss

Objectifs :

  • Donner aux élèves le plaisir d’apprendre ;
  • Offrir un cadre propice à ce plaisir : l’accompagnement personnalisé ;
  • Lutter contre le découragement

Mots-clefs : investissement, plaisir, autonomie, apprendre
Compétences : Devenir autonome dans son apprentissage et y prendre plaisir
Niveaux : Tous
Outils : Principes de mise en œuvre d’un accompagnement visant le plaisir d’apprendre.
Auteur(s) : Groupe de travail d’Evelyne Ballanfat, académie de Créteil, 2008
Fiches en lien : Faire acquérir des méthodes d’apprentissage ; Impliquer les élèves dans le dispositif

Parce que l’école est obligatoire, l’élève ne fait pas immédiatement le lien avec le plaisir que peut procurer l’acte d’apprendre, surtout lorsqu’il se trouve en difficulté dans les apprentissages. Dès lors, il est important de l’amener à modifier son regard sur le savoir et à comprendre ceci : le plaisir d’apprendre n’est refusé à personne, mais il n’a rien d’acquis. L’accompagnement est une occasion propice à cette découverte.

I- Susciter le plaisir d’apprendre

Le savoir comme principe libérateur et émancipateur
Si le savoir a vocation à « élever » la personne (d’où le nom d’élève) en la libérant de l’ignorance pour la conduire à la connaissance, le rôle de l’enseignant est d’attirer l’attention des élèves sur les aspects bénéfiques du savoir et sur le fait qu’il peut permettre l’accès à l’indépendance qu’ils revendiquent souvent. L’effort fait donc partie de ce cheminement vers le savoir et le plaisir d’apprendre.

Le savoir comme élément de valorisation de la personne
Afin que l’élève devienne convaincu de la valeur du savoir et s’en empare, il est nécessaire que le professeur l’aide à mesurer sa capacité à progresser, à réussir des exercices qu’il ne maîtrisait pas en lui renvoyant un regard positif et valorisant. C’est souvent à partir d’une image de réussite que l’élève commence à prendre goût à l’étude, à acquérir de l’assurance et une plus grande confiance en soi. L’envie d’apprendre permet alors de fournir les efforts qui conditionnent réussite et plaisir.

Le savoir comme découverte et compréhension du monde dans lequel on vit
Le professeur peut trouver des applications concrètes qui correspondent à la réalité de la vie de l’élève :

  • Pour celui qui souhaite changer l’agencement de sa chambre : savoir calculer des surfaces, réaliser des plans peut s’avérer utile
  • Pour celui désireux de faire quelques économies, la maîtrise d’un budget et donc de certains calculs lui permettant d’établir des comparaisons entre les prix et de dépenser moins est stimulant dans la mesure où l’effet de ses compétences est immédiat.
    Ainsi l’élève, grâce au savoir, se trouve en mesure d’avoir prise sur le monde qui l’entoure et de développer sa créativité. Au professeur, qui le guide dans cette voie, de lui montrer que le savoir ouvre les portes du sens et de la responsabilité.

Le savoir favorable au développement de l’esprit critique et à la construction de la personnalité
Il est important de faire prendre conscience à l’élève des points suivants :

  • Par les questionnements et remises en cause qu’il suscite, le savoir développe l’esprit critique, enlève des idées reçues, empêche de prendre des croyances pour des savoirs.
  • A titre d’exemple, le travail sur l’image, la publicité et le langage sont des outils de démonstration souvent très parlants pour les élèves. Il est parallèlement intéressant de montrer comment, par absence de savoir, un esprit jeune demeure fragile, susceptible d’être manipulé et privé de liberté.
  • Enfin, on peut amener l’élève à considérer le travail comme un espace/temps autonome qui n’appartient qu’à lui, qui lui est dédié et grâce auquel il se coupe des éventuels soucis extérieurs.

II- L’accompagnement personnalisé et le plaisir d’apprendre

Des conditions plus favorables
La répartition en petits groupes, la mise à disposition de matériel, la présence d’un ou plusieurs enseignants pour les encadrer, offrent aux élèves une vision différente de l’école et de la manière d’acquérir un savoir. Les devoirs, accompagnés et expliqués, prennent un sens qui n’est pas perceptible pour un élève qui travaille seul.

Des attentes prises en compte
Les motivations des élèves pour l’accompagnement personnalisé sont variables et il est important de les avoir à l’esprit afin d’éviter toute déception dans l’aide apportée. On peut distinguer l’élève qui vient pour :

  • repartir chez lui en ayant fait tous ses devoirs au collège
  • acquérir des méthodes d’apprentissage en lien avec ce qui est demandé en classe
  • recevoir une aide sur certaines notions non comprises en cours
    Il est nécessaire d’expliquer ce qu’il est possible de faire durant ce temps d’accompagnement qui ne permet pas toujours d’accomplir l’intégralité des devoirs demandés. L’élève doit comprendre que s’il n’a fait qu’un seul exercice de mathématiques sur 5 mais qu’il l’a compris, il a acquis des outils pour être autonome dans les autres et c’est de cette autonomie qu’il doit tirer plaisir à réaliser seul ensuite les exercices restants.

Un engagement motivé
Afin que l’élève puisse rester motivé et investi dans le dispositif, il est préférable de l’engager sur une période limitée (de petites vacances à petites vacances) plutôt qu’à l’année. La possibilité de reconduire ou non son engagement est une manière de le responsabiliser et de contribuer à la construction de son autonomie.

Des effets visibles
La meilleure manière de faire accéder un élève au plaisir d’apprendre est de lui en faire sentir concrètement les effets, et sur son travail et sur sa construction personnelle.
L’expérience a montré que la plupart des élèves passés par ce dispositif ont acquis le sentiment du travail accompli, ce qui a été pour eux source de mieux-être : rares sont les élèves, malgré certaines apparences, qui ne soient pas gênés de ne pas avoir fait leurs devoirs.
De plus, la transmission du savoir visant l’autonomie de l’élève permet à celui-ci de sentir qu’il ne subit pas le dispositif mais qu’il en est acteur et même qu’il peut s’en détacher, dès qu’il se sent suffisamment en confiance.
Pour cela, il faut que l’élève puisse mesurer, au fil des séances, les progrès qu’il a accomplis : il faut donc des objectifs précis et accessibles par l’élève, avec une évaluation des progrès et des difficultés. Il est important de se limiter au début à un travail sur des points précis dont on peut voir rapidement les effets.

III- Quelques pistes pour récuser les arguments défaitistes

« ça ne sert à rien », « c’est inutile », « je ne suis pas capable de progresser, de réussir scolairement », « c’est trop dur », « je n’y arrive pas »
Type de réponse : être dans l’accompagnement personnalisé est une chance. On propose ce dispositif parce que l’on pense l’élève capable d’en profiter et que cela en vaut la peine. Bien souvent, l’échec ou les difficultés peuvent venir du manque d’aide à la maison. L’accompagnement permet justement d’aplanir ces différences. Tout élève peut réussir et être capable de suivre et de progresser à l’école. Réussir est aussi une question de regard que l’on pose sur soi et ses capacités. Il est normal d’avoir des difficultés ou des faiblesses quand on apprend. Apprendre, c’est se trouver confronté à un savoir nouveau qui demande du temps et des efforts pour l’assimiler. Les élèves trouvent évident qu’un sportif ou un musicien devienne un champion dans leur discipline à la suite d’importants efforts. De même, ils savent qu’ils n’excellent pas dans un jeu vidéo sans avoir passé du temps à s’entraîner. Il s’agit alors de leur montrer que le travail scolaire obéit à la même logique. L’erreur ou les difficultés ne sont donc pas un problème en soi, c’est s’y résigner, les accepter sans vouloir changer la situation qui en est un.

 

Mots-clés

 apprendre  autonomie  investissement

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